Retour aux actualités

2019 (10)

2018 (10)

2017 (12)

2016 (8)

2015 (2)

MEDILAB précurseur régional pour la formation des internes de biologie médicale

publié le : 30 novembre 2017

 

Des internes en stage en LBM privés.

Depuis début novembre, le Dr Guilhem Mayoral, membre du Conseil d’administration du SDB, biologiste médical au sein du Laboratoire MEDILAB66 dans les Pyrénées-Orientales, accueille en stage un interne en biologie médicale. Cela fait des mois que la profession, et plus particulièrement le SDB, se mobilisent sur ce dossier. En l’occurrence, la possibilité, pour les laboratoires de ville, d’accueillir des internes stagiaires. Un enjeu crucial pour la pérennité de la biologie médicale libérale : il est en effet essentiel que les étudiants puissent aussi suivre, durant leur cursus, des stages en ville et non pas uniquement dans les établissements hospitaliers. Premier retour d’expérience avec le Dr Guilhem Mayoral.

 

Quel est le processus à suivre pour accueillir un stagiaire dans le cadre de son internat ?

Guilhem Mayoral accueille un interne en stage dans son LBM.Guilhem Mayoral : Il faut préalablement déposer auprès de l’Agence régionale de santé (ARS) une demande d’agrément pour qualifier le laboratoire comme terrain de stage pour les internes de biologie médicale. Une commission d’agrément examine le dossier. Le projet pédagogique est évalué dans le détail par le coordonnateur régional du DES de biologie médicale de la région. D’autres éléments comme l’expérience du tuteur pédagogique et une visite des locaux où se déroulera le stage de l’interne complètent l’évaluation. Siègent au sein de la commission d’agrément des praticiens hospitalo-universitaires qui sont souvent chefs de service de laboratoire, dont le coordonnateur des DES de biologie médicale de la région.
Nous pouvons actuellement accueillir des internes uniquement en fin d’internat (ou de niveau 2 selon l’ancienne maquette du DES de biologie médicale) et nous sommes susceptibles de se voir délivrer un agrément dit « polyvalent ». Mais dans le cadre de la réforme des DES, ces éléments seront refondés.
En stage polyvalent, il s’agit d’offrir aux internes le regard le plus transversal possible sur l’ensemble de la profession. Les stages portent sur toutes les sous-spécialités médicales de notre discipline présentes dans l’activité de ville ainsi que sur ce qui a trait à l’accréditation et donc au processus qualité. Notre stagiaire va d’ailleurs participer de manière active au maintien ou à l’obtention de l’accréditation de notre laboratoire. Pour le reste, les stages sont semestriels.

Avez-vous rencontré des difficultés pour obtenir cet agrément ?

Guilhem Mayoral : Non car j’ai eu la chance de collaborer, au CHU de Montpellier, avec un coordonnateur qui était ouvert et favorable au principe des stages en laboratoires de ville. Il a examiné mon dossier en toute objectivité dans une démarche de travail constructive, parfaitement conscient du besoin exprimé par les internes, de se confronter à une activité libérale pendant leur cursus de formation. Je souhaite que cet esprit d’ouverture soit partagé par l’ensemble des hospitalo-universitaires de notre discipline, car il s’agit d’une innovation pour la profession qui est ancrée depuis longtemps dans l’exclusivité hospitalière de la formation. Mais les efforts doivent être partagés. Il est donc fondamental que les biologistes médicaux volontaires pour accueillir des internes dans leur laboratoire, respectent scrupuleusement les objectifs pédagogiques et garantissent un niveau de formation correct à leurs internes.

Qu’est-ce qui vous a incité à prendre un stagiaire sous votre aile ?

Guilhem Mayoral : Je suis un jeune biologiste médical puisque j’ai terminé mon internat il y a sept ans. J’ai toujours été très sensible à la transmission du savoir. Ce qui m’a a incité à franchir le pas, c’est la prise de conscience que l’on a aujourd’hui, au vu de la taille et de l’activité quotidienne de nos laboratoires, la capacité de proposer une offre de formation suffisamment intéressante et de qualité à nos jeunes confrères. En termes de recrutement et pour des objectifs non spécialisés, nous n’avons pas grand-chose à envier aux formations dispensées en milieu hospitalier. En outre, cela constitue une plus-value pour les laboratoires car les stagiaires arrivent de l’hôpital où ils ont été familiarisés avec les dernières recommandations en vigueur. C’est pour cela que j’ai demandé à notre interne d’avoir un regard critique sur nos pratiques à la lumière de ce qu’il a pu voir en milieu hospitalier. Dans la mesure où les laboratoires hospitaliers sont plus spécialisés, ils sont en effet souvent davantage à la pointe des nouveautés et des pratiques.

Sur quoi son stage va-t-il porter ?

Guilhem Mayoral : Il faut savoir que pour toutes les spécialités médicales, dont la biologie médicale, les DES viennent de faire l’objet d’une réforme. Afin de me conformer aux obligations réglementaires de formation, je me suis efforcé de respecter les objectifs pédagogiques et les items* du DES de biologie médicale, définis dans l’arrêté du 21 avril 2017 relatif aux connaissances, aux compétences et aux maquettes de formation des diplômes d’études spécialisées du troisième cycle des études de médecine.
Pour un interne, il est tout à fait naturel d’effectuer un stage en ville quand on sait qu’une majorité d’entre eux se destinent à une activité libérale. Ces stages leur permettent donc de toucher du doigt ce que sera leur exercice futur. Sachant que les pratiques professionnelles de la ville sont différentes et complémentaires des pratiques professionnelles hospitalières. Les premières sont marquées par la transversalité et la polyvalence, les secondes par l’hyperspécialisation.

*A noter

Ces items doivent encore être soumis à concertation et il est fondamental que la profession se mobilise autour de cet enjeu en repositionnant clairement le biologiste médical au sein du parcours de soins de ses patients en collaboration avec les cliniciens. La biologie médicale et les paramètres biologiques n’ont jamais été aussi présents dans l’évaluation des patients. Ce phénomène va s’amplifier dans l’avenir avec l’essor de la médecine prédictive. La complexité des données biologiques à gérer devra renforcer la place d’un biologiste médical interfacé avec les cliniciens qui, seuls, ne pourront pas gérer toutes ces données nouvelles.

SDB Info 28/11/2017