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Virus ZIKA

publié le : 20 février 2016

Qu’appelle-t-on le Zika ?

Le Zika est une maladie due à un virus (arbovirus) transmis par les moustiques. Le virus Zika appartient à la famille des Flaviviridae du genre Flavivirus, comme ceux de la dengue et de la fièvre jaune. La transmission du virus est réalisée par des moustiques appartenant à la famille des Culicidae et au genre Aedes dont Aedes aegypti et Aedes albopictus.

Origine du virus

La présence du virus a d’abord été mise en évidence à l’occasion de cas sporadiques, puis lors d’épidémies ou dans le cadre d’enquêtes de séroprévalence. Identifié chez l’homme en 1952 en Ouganda, deux lignages du virus Zika ont été identifiés : le lignage africain qui a diffusé en Afrique (Sénégal, Ouganda, Nigeria, Côte d’Ivoire, Gabon, Tanzanie, Egypte, République centrafricaine, Sierra Leone…), le lignage asiatique qui s’est propagé en Asie (Cambodge, Inde, Indonésie, Malaisie, Pakistan, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam) et en Océanie.Plus récemment, ce virus a diffusé en Polynésie française et en Amérique centrale et du Sud.

Comment se transmet la maladie ?

  • La transmission du virus est très majoritairement réalisée par des moustiques appartenant à la famille des Culicidae et au genre Aedes dont Aedes aegypti et Aedes albopictus. Lors d’une piqûre, le moustique se contamine en prélevant le virus dans le sang d’une personne infectée. Le virus se multiplie ensuite dans le moustique, qui pourra, à l’occasion d’une autre piqûre, transmettre le virus à une nouvelle personne. Une personne infectée est “contaminante pour les moustiques” au moment où le virus est présent dans son sang c’est-à-dire pendant la phase de développement de l’infection dans le corps, soit 12 jours après la piqure infectante. Pendant cette période il faut éviter qu’une personne infectée ne se fasse piquer, et qu’elle transmette ainsi le virus à d’autres moustiques (du genre Aedes), et ainsi d’éviter l’entretien du cycle de transmission virale.
  • Le virus peut aussi se transmettre de la mère à l’enfant si la mère est contaminée pendant sa grossesse.
  • La transmission sexuelle a également été décrite lors de rapports sexuels avec un homme qui a été récemment infecté par le virus Zika.

Quels sont les symptômes de la maladie ? Quelles peuvent-être les complications?

  • Les symptômes se caractérisent par une éruption cutanée (exanthème maculo-papuleux, voir prurit) avec ou sans fièvre même modérée. Les autres signes décrits au cours de cette infection sont : fatigue, douleurs musculaires et articulaires, conjonctivite, maux de tête et douleurs rétro-orbitaires. Il est difficile, sur ces seuls symptômes, de faire un diagnostic, notamment lorsque coexistent dans la zone d’autres arboviroses telles que la dengue ou le chikungunya. De plus, il existe des formes de la maladie sans symptômes apparents (entre 70 et 80 % d’asymptomatiques).                                                                                                                                                                                                                                                                                                           Cependant, il existe 2 types de complications : Des complications neurologiques en lien avec l’infection par le virus Zika, de type syndrome de Guillain-Barré, ont été décrites au Brésil et en Polynésie française. Des microcéphalies et des anomalies du développement cérébral intra-utérin ont également été observées chez des fœtus et des nouveaux nés de mères enceintes pendant la période épidémique ; des travaux de recherche sont actuellement conduits dans ces pays pour mieux décrire et comprendre ces complications.

Existe-t-il des examens de diagnostic biologique du Zika?

Il s’agit dans un premier temps de réaliser sans délai après le début des symptômes des prélèvements sanguins (jusqu’à 7 jours après le début des signes cliniques) ou d’urines (jusqu’à 14 jours après le début des signes cliniques) afin d’effectuer la recherche du génome du virus (examen direct par RT-PCR sang et urines).                                                                                               Nous transmettons ces prélèvements au CNR des arboviroses à l’Hôpital Inter Armées Laveran de Marseille. Ce laboratoire est le seul en capacité de réaliser par sérologie la détection des anticorps spécifiques de la maladie Zika ‘IgM et IgG anti-Zika). Cette sérologie est réservée aux femmes enceintes et aux formes graves neurologiques. Pour tous les autres cas, une sérologie Flaviviridae sera réalisée et en cas de positivité une recherche spécifique sera faite.

Existe-t-il un traitement spécifique du Zika ?

Il n’existe pas à ce jour de traitement spécifique contre le Zika. Le traitement est avant tout symptomatique (traitement de chacun des symptômes) et repose notamment sur la prise d’antalgiques (comme le paracétamol), et le repos. De plus, les médicaments de type salicylés (aspirine) sont à éviter du fait de la coexistence de la dengue dans les zones où circule le virus et du risque induit de saignement. Il est important de consulter un médecin en cas de signes évocateurs, tout particulièrement pour les femmes enceintes compte-tenu des complications chez l’enfant à naître

Existe-t-il un vaccin contre le virus ?

Actuellement, aucun vaccin n’existe contre la maladie Zika.

Quelles sont les recommandations pour les femmes enceintes résidant ou désirant se rendre dans une zone touchée par une épidémie de Zika ?

Il est spécialement recommandé aux femmes enceintes de se protéger par tous les moyens disponibles contre les piqûres de moustiques et tout particulièrement au cours des  deux premiers trimestres  de la grossesse. Il est important pour toutes les femmes enceintes résidant en zone épidémique, avec ou sans antécédents de piqure de moustiques ou de symptômes de l’infection à Zikavirus, d’avoir un suivi médical de grossesse adapté. Le HCSP a produit un avis sur la conduite à tenir dans le cadre de ce suivi.

Pour les voyageurs, il est recommandé aux femmes enceintes qui se rendraient dans des régions touchées par le Zika, de consulter, préalablement à leur déplacement, leur médecin traitant. Cette consultation permettra de juger de l’opportunité du voyage en fonction de l’état de santé des individus, des risques encourus et des moyens de prévention individuelle.

Pour cela, outre les moyens de protection physique (port de vêtement longs couvrant les bras et les jambes jusqu’au chevilles, si possible imprégnés de répulsif, moustiquaires imprégnées dans l’habitat…), il leur est fortement recommandé d’utiliser y compris dans la journée un produit répulsif adapté en respectant les précautions.

S’agissant de voyages avec des jeunes nourrissons, les moyens de protection contre les piqûres de moustiques sont limités (impossibilité d’utiliser des répulsifs corporels avant l’âge de 2 mois, seule la moustiquaire imprégnée de répulsif et le port de vêtements amples couvrant les membres peuvent les protéger). Les berceaux et les poussettes doivent aussi être protégés par des moustiquaires imprégnées. Il appartient donc aux familles, en lien avec le médecin traitant, de déterminer l’intérêt d’un séjour touristique avec un jeune nourrisson.

Comment se protéger contre le Zika ?

La prévention individuelle repose sur les moyens de protection contre les piqûres de moustique en utilisant moyens physiques et chimiques.

  • de porter dans la journée (et en particulier en début et fin de journée, périodes d’intense activité du moustique vecteur) des vêtements amples et long couvrant également les bras et les jambes jusqu’aux chevilles,
  • d’utiliser de préférence des vêtements imprégnés avec un produit insecticide spécial pour tissu, dans les zones de prolifération intense des moustiques ou en cas de contre-indication aux répulsifs (nouveau-nés, nourrisson jusqu’à trois mois),
  • d’utiliser des répulsifs sur les zones découvertes de la peau. Des précautions sont à respecter chez la femme enceinte et l’enfant (prendre avis auprès de son médecin ou d’un pharmacien),
  • d’utiliser des moustiquaires, des diffuseurs électriques à l’intérieur des maisons et des “bandeaux collants” imprégnés d’insecticide fixés au plafond des pièces de l’habitat.

Que faire en cas de maladie pour les résidents et les voyageurs rentrant des zones épidémiques ?

  • Pour toute apparition de signes cliniques évocateurs (Eruption cutanée, avec ou sans fièvre même modérée et au moins deux signes parmi les suivants : douleurs conjonctivales, douleurs musculaires et articulaires (arthralgies myalgies), il est nécessaire de consulter un médecin sans délai pour préciser le diagnostic et bénéficier d’une prescription de médicaments adaptés. Pour les voyageurs, l’apparition de ces symptômes peut intervenir jusqu’à 12 jours suivant le départ d’une zone où circule le Zika et nécessite de consulter un médecin en lui précisant la destination et les dates du séjour. Rappelons qu’il est impératif de se protéger contre les piqûres de moustique pendant le séjour.

EV

Sources : INVS et CNR des arboviroses